D’un tranquille héroïsme

Paris, été 1942. Robert Birenbaum a quinze ans. En juillet, dans les heures qui suivent la rafle du Vel d’Hiv, où il n’a « pas vu un seul soldat allemand » et dont il rappelle qu’elle fut « menée avec zèle par la police française » (au sein de laquelle « rares furent les flics qui choisirent de ‘regarder ailleurs’ ou de prétendre qu’ils ‘reviendraient plus tard’, laissant ainsi une chance » aux victimes de la barbarie pétainiste « de trouver un refuge ou de s’échapper »), sa tante Dora lui « fait comprendre, en très peu de mots, qu’il vaut bien mieux vivre debout, dans la dignité ». Qu’il faut se « battre ». Robert, « sans la moindre hésitation », rejoint, quelques jours avant son seizième anniversaire, la résistance juive communiste.

Quatre-vingts ans plus tard, il raconte, dans un formidable livre (1) écrit avec le journaliste Antonin Amado (par ailleurs ancien rédacteur en chef de Politis), les quatre années qui ont suivi. Trois années d’une guerre de l’ombre, des toutes premières actions – des lâchers de tracts appelant à l’insoumission, au nez et à la barbe de l’occupant nazi et de ses supplétifs de Vichy – à la libération de Paris – « cent cinquante heures » durant lesquelles Robert « n’a pratiquement pas dormi ».

1

16 ans, Résistant, Robert Birenbaum, avec Antonin Amado, Stock, 173 pages, 18,50 euros.

On voudrait tout citer de ces mémoires où chaque chapitre force l’admiration. Tout restituer de la constante modestie et de l’impressionnante sobriété d’un récit, mêlé souvent de drôlerie, où la résistance va toujours comme une calme évidence, et dans lequel l’héroïsme du quotidien est donné comme allant de soi – comme une condition de la…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Sébastien Fontenelle

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