Elias Preszow est allé voir Recordar, c’est vivre à nouveau de David et Marisel Mendez Yepez. Il en a rapporté quelques notes éparses et concentrées : « Il y a une telle justesse que les larmes coulent alors même que le rire affleure. »
Il y a des pièces de théâtre dont vous ressortez avec une immense envie d’écrire tout en ayant le sentiment que vous ne pourrez rien en dire tant elles vous dépassent.
Alors, vous laissez agir en vous cette impression de gratitude que vous leur devez en espérant que la nuit fasse le reste, et que quelque chose puisse sortir en retour qui soit à la hauteur.
Le matin venu, vous ne savez ni par où commencer, ni comment, pour partager l’essentiel de ce que vous avez vu sans autre forme de commentaire.
Et, dans votre cahier, vous vous retrouvez à noter, encore plongé dans ces images qui risquent de s’échapper de votre esprit si vous ne les fixez quelque part, du mieux que vous pouvez…
David, Marisel.
Un frère, une sœur.
Ils disent, quand ils s’appellent : frère, sœur.
Sur scène, ils se souviennent.
De qui, de quoi ?
D’eso.
L’intraduisible, ça.
Ce qui passe par le cœur, deux fois.
Recordar.
Ainsi que la racine du verbe l’indique, en latin.
Mais c’est en espagnole que coule chez eux la mémoire.
Et elle vient du Pérou.
Par le père, par la mère.
Elle vient, et revient.
Elle circule, comme le sang dans les veines.
Et fait battre le plateau au rythme chaloupé de la transmission.
Marisel est médecin, David musicien.
Elle est née là-bas, lui ici.
Elle fait des missions humanitaires dans des pays en guerre et croit toujours qu’un autre monde est possible, il compose des chansons et n’a plus d’illusions quant aux lendemains qui chantent.
L’un et l’autre s’approprient le théâtre pour transformer un passé qui ne passe pas en un dialogue au présent qui réactive le sens de l’avenir.
Nous pourrions même dire qu’il ne s’agit peut-être pas tant d’une pièce…
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Auteur: dev

