C’est la goutte de trop. Les factures d’eau ont augmenté en moyenne de 16 % en deux ans et demi, selon les chiffres de l’Insee. Une hausse liée au coût de la dépollution, et qui n’en est qu’à ses débuts, alerte l’UFC-Que choisir. La plus grande association de consommateurs de France lance ce 18 novembre une campagne nationale. « Les consommateurs paient, les pollueurs s’en lavent les mains » ; « La pollution, c’est eux, mais le coût de la dépollution c’est pour nous »… En quelques mots, les tracts de l’UFC-Que choisir pointent l’injustice dont sont victimes les usagers.
L’association compte sensibiliser les consommateurs à travers une pétition sous forme de fausses factures. Quelque 80 de ses antennes locales mèneront également des actions partout en France. « Début 2026, nous rendrons toutes ces fausses factures aux décideurs politiques afin qu’ils agissent pour faire payer les véritables pollueurs que sont les industriels et le secteur agricole », explique-t-elle.
Le coût de la dépollution de l’eau du robinet est évalué à plus de 1 milliard d’euros par an. « Et encore, il s’agit là d’une fourchette très basse, d’une évaluation réalisée il y a une dizaine d’années. Ça va certainement exploser dans les prochaines années », avertit Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et agriculture à l’UFC-Que choisir.
Cette somme est supportée quasi en intégralité par les particuliers alors que « 75 % des nitrates et 70 % des pesticides proviennent du secteur agricole », souligne l’association. Les agriculteurs sont bien soumis à une redevance pour pollutions diffuses (RPD), perçue sur les ventes de pesticides, mais elle rapporte très peu, de l’ordre de 188 millions d’euros, en 2023. « Pour les agriculteurs, cette taxe ne constitue pas une réelle incitation à limiter l’utilisation des pesticides », juge-t-elle.
15 % des réseaux non…
Auteur: Fabienne Loiseau

