La proposition n’a pas franchement plu à Sébastien Lecornu. Fin avril, le Medef suggérait au Premier ministre une « réforme ambitieuse de la procédure budgétaire et de la gouvernance des finances publiques », dans un courrier révélé par Les Echos. Parmi les mesures plébiscitées par l’organisation patronale, la mise en œuvre d’une « règle d’or budgétaire », soit un niveau de déficit maximum inscrit dans la Constitution.
Réponse de Matignon : « Avec une telle règle, à laquelle l’Allemagne vient de renoncer, la gestion du Covid eût été impossible ». Référence aux dizaines, voire centaines, de milliards d’euros versées par l’État aux entreprises durant la pandémie. Bref, l’exécutif n’y donnera pas suite.
1 % de déficit maximum
Les patrons ne sont pourtant pas les seuls à réclamer l’instauration de ce mécanisme de contrainte budgétaire, vieux serpent de mer du droit des finances publiques. En 2011, Nicolas Sarkozy avait enclenché un projet de loi constitutionnelle en ce sens, avant de l’abandonner. Mais l’incapacité récente de la France à repasser sous la barre des 5 % de déficit public (5,1 % du PIB en 2025, après 5,8 % en 2024 et 5,4 % en 2023), comme l’ont fait ses voisins européens, a relancé le débat depuis plusieurs semaines.
Le 26 mars, l’ancien commissaire européen Thierry Breton y est allé de sa proposition dans Le Monde pour « rompre la fuite en avant » et « reprendre le…
Auteur: Christian Mouly

