Echec de Duralex : l’autogestion n’y est pour rien

Moins de deux ans après sa reprise par ses salariés sous forme de société coopérative et participative (Scop), la verrerie Duralex a été placée en redressement judiciaire le 1er juin dernier. Cette procédure vise à protéger une entreprise en cessation de paiements en gelant temporairement une partie de ses dettes et en lui donnant du temps pour tenter de rétablir sa situation financière sous le contrôle du tribunal de commerce. Pour beaucoup, cette situation constituerait une énième démonstration de l’impossibilité de l’autogestion : ses 243 salariés auraient voulu se passer des actionnaires et des patrons, prendre eux-mêmes les commandes de l’entreprise, et auraient finalement échoué. Pourtant, lorsqu’on regarde les faits d’un peu plus près, les raisons de l’échec sont ailleurs : cette coopérative n’a jamais disposé des moyens matériels et démocratiques qui lui auraient permis d’être viable et de fonctionner réellement comme une entreprise autogérée.

En 2024, les salariés de Duralex, la verrerie basée à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d’Orléans, la reprennent en Scop : 60% d’entre-eux en deviennent associés majoritaire au capital. Une Scop (Société coopérative et participative) est une société coopérative dont les salariés sont les associés majoritaires. Ils détiennent au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote. Chaque salarié associé dispose d’une voix, quel que soit son statut, son ancienneté et le montant du capital investi. Les salariés votent pour nommer les dirigeants, répartir le bénéfice, décider des grandes orientations stratégiques au moins une fois par an, etc. 

A l’époque, ils  ne reprennent pas une entreprise prospère, loin de là. Bien avant la création de la Scop, l’entreprise a connu plusieurs procédures collectives (dépôts de bilan et redressements judiciaires) ainsi qu’une succession de propriétaires et de plans de…

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Auteur: Guillaume Étievant

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