Faire du skateboard, c’est apprendre à exécuter des figures difficiles dans des environnements inconnus. Et cela peut aider les jeunes à maîtriser d’autres types de compétences comme l’expérimentent des communautés d’apprentissage et, parfois même, des établissements scolaires.
Dans un établissement de Malmö, en Suède, le skateboard fait partie du programme scolaire. Directeur adjoint du lycée Bryggeriets, John Dahlquist dispense des cours dans cette discipline et en intègre des enseignements dans d’autres matières. Son constat : ces moments de divertissement collectifs contribuent à donner envie aux adolescents d’aller à l’école. Dans un livre que j’ai récemment coédité sur le skateboard et l’enseignement, il note que certains élèves sont même impatients de retourner en classe après le week-end.
Le skateboard est une activité créative qui nécessite de l’ingéniosité pour s’adapter à de nouveaux environnements. Il comporte aussi une dimension collective et sociale : lorsqu’il s’agit d’apprendre quelque chose de nouveau, les skateurs s’encouragent mutuellement, reconnaissant que chacun a un niveau différent et fait face à des défis distincts.
Lorsque le skateboard est pratiqué comme il se doit, il permet de s’épanouir individuellement au sein d’une communauté solidaire et bienveillante. C’est une activité qui suppose également d’accepter l’échec. Il est impossible de maîtriser une figure sans multiplier les essais – c’est-à-dire échouer, encore et encore.
Avec mes collègues, nous avons mené des recherches sur ce que vaut la philosophie du skateboard à l’école et sur la manière dont les enseignants peuvent l’intégrer dans leurs cours.
Prenons l’exemple de l’enseignement de M. Dahlquist à Malmö. Il note que l’intégration du skateboard à d’autres…
Auteur: Sander Hölsgens, Assistant Professor, Leiden Institute of Cultural Anthropology and Development Sociology, Leiden University
