Le collectif d’habitants d’Abbaretz, commune au nord de Nantes, n’en démord pas : cela fait plusieurs mois qu’ils combattent un projet d’école sédévacantiste. Le sédévacantisme est un courant du catholicisme intégriste qui considère les papes, depuis 1950 et surtout depuis le concile de Vatican II dans les années 1960, comme des hérétiques car «trop modernes». Selon eux, le siège pontifical serait donc vacant – d’où le nom de ce courant – occupé par des usurpateurs.
Dans cette petite ville de Loire-Atlantique, la secte qui promeut cet établissement revendique une éducation à la « morale catholique traditionaliste ». C’est-à-dire opposée à l’avortement (considéré comme un acte assassin), le divorce ou l’homosexualité, mais qui remet aussi à l’ordre du jour « la place » de la femme, un être vu comme inférieur et au service de l’homme, que les influenceurs d’extrême droite appellent « Tradwife ». Jean-Claude Pons, le fondateur de l’association Montfort d’Abbaretz qui est en charge du projet, avait tenu des propos homophobes pour évoquer la « nature » qui se serait « vengée » à travers l’épidémie de VIH. Cette école s’inscrit dans la lignée d’un Pierre-Édouard Stérin et son projet Périclès. D’ailleurs ce dernier ne pourrait-t-il pas se cacher, au moins en partie, derrière ces financements ?
Après plusieurs mobilisations qui ont permis de rassembler plusieurs milliers de personnes, un chiffre colossal pour la commune qui compte 2000 habitants, le projet est aujourd’hui suspendu et sa construction reportée. Initialement prévue en septembre, la rentrée ne se fera pas. Le projet est « mis en pause » confirme Jean-Claude Pons. Mais comme pour se rassurer, il ajoute que « le projet existe toujours. J’aurais aimé que l’école soit déjà construite ». Puis vient un air de flûte : « On a suspendu les travaux pendant les élections…
Auteur: B

