Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), reportage
Une atmosphère de kermesse, avec ses barnums, ses stands de nourriture et ses jeux pour enfants, régnait samedi 17 mai aux abords du rond-point des Vaches, à Saint-Étienne-du-Rouvray, dans le sud de l’agglomération de Rouen. À l’appel du collectif Non à l’A133-A134, qui regroupe plus de 50 associations, collectifs, municipalités et partis politiques, les manifestants étaient venus fêter par anticipation l’abandon du contournement est de Rouen, un projet dont la première évocation date de 1972.
« Ce n’est pas facile de prendre la parole dans un enterrement, et pourtant, aujourd’hui, on fait la fête », lance d’un air enjoué Laetitia Sanchez, coprésidente du groupe écologiste à la région Normandie, devant une centaine de personnes.
Pas de décision avant 2028
En attendant de fêter l’annulation réelle de cette relique des années Pompidou — qui, sur 41 km, devrait artificialiser 516 hectares, dont 142 de forêt, et nécessiter la construction de huit viaducs — le projet reste toujours d’actualité. Seule la désignation d’un concessionnaire par le gouvernement manque encore pour faire entrer le chantier dans sa phase opérationnelle.
Mais, devant les atermoiements de l’État à lancer de nouveau projets routiers après le fiasco de l’A69, le calendrier, qui prévoyait un début des travaux en 2027, a depuis glissé de plusieurs années. Pour les opposants, c’est un signe de plus de la non-viabilité d’un projet qu’ils estiment déjà écarté par les pouvoirs publics.
« En off, ça ressemble à un abandon. Il n’y a pas eu de déclaration publique des différents ministres [depuis 2023], mais on voit qu’il y a un flou qui est de bon augure pour nous », commente Laetitia Sanchez, interrogée par Reporterre. Allant dans le sens de l’édile, les récentes déclarations du président de la région Normandie, le centriste Hervé…
Auteur: Émilie Sfez, Guénolé Carré

