Pauvre en terres rares, l’Union européenne doit s’adapter au nouveau contexte géopolitique. Le développement de l’économie circulaire peut l’aider à retrouver des marges de souveraineté. Mais un long chemin reste à parcourir.
Face aux tensions géopolitiques qui perturbent les chaînes d’approvisionnement et fragilisent la souveraineté économique du continent, l’Union européenne (UE) doit composer avec une dépendance accrue aux matières premières importées et un besoin impératif de renforcer son autonomie industrielle. Cette nécessité est d’autant plus pressante que Donald Trump ignore la souveraineté de l’UE, la laissant livrée à elle-même.
Cela constitue un signal d’alarme incitant l’UE à rechercher des solutions durables et résilientes pour son système socio-économique. Dans une telle situation géopolitique, l’économie circulaire pourrait-elle constituer un levier stratégique majeur pour l’Union européenne lui permettant de réduire sa dépendance aux importations de matières premières, de renforcer sa résilience économique et de stimuler l’innovation industrielle réinventant ainsi sa position sur l’échiquier mondial ?
Une dépendance aux matières premières
L’Union européenne importe la majorité des matières premières nécessaires à son industrie. Par exemple, 98 % des terres rares et du borate utilisées en Europe proviennent respectivement de Chine et de Turquie, tandis que 71 % des platinoïdes sont importés d’Afrique du Sud. Une telle dépendance expose le tissu industriel de l’UE aux fluctuations des marchés mondiaux et aux tensions géopolitiques, qui perturbent les chaînes d’approvisionnement.
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Auteur: Pietro Beltramello, PhD candidate at HuManiS (UR7308: Université de Strasbourg and EM Strasbourg Business School), Université de Strasbourg

