Économie politique d'un jeune artistauteur d'aujourd'hui #2

Ça commence par un été de canadairs. Y’a des feux un peu partout. On peut les voir sur différentes cartes interactives en ligne. On peut les voir au loin, parfois. On peut voir la fumée. Quelqu’un peut dire : tiens, ça brûle encore. Ça brûle encore.

J’entends la phrase à voix haute et je repense au magnifique livre de Sol Netra, Au-delà du feu, que j’ai lu avant l’été, et notamment à ce passage où quelqu’un s’adresse directement à lae narrateurice, pour qui la scarification représente parfois comme une libération du feu intérieur — à travers les veines, le sang chaud, la colère et la tristesse, et les cicatrices en mémoire. « Soudain, quelqu’un se penche sur moi, caresse mon bras et ces mots viennent : “C’est joli, c’est fait exprès ? On dirait un petit feu.” Je porte en moi le feu. »

Je pense : on ne voit pas la fumée s’échapper de tous les gens qui souffrent et qui brûlent en cachette.

Je pense aussi : il y a eu d’autres feux, cet été — on parle aussi de départs de feux. J’ai lu des livres, je veux en rendre compte, mais avant ça, je veux parler de ces quelques départs de feux multiples. Comme si j’avais réalisé récemment que les choses de la vie se chevauchaient, finalement, plus qu’elles ne pouvaient s’additionner ou se suivre tels les évènements sur une frise chronologique.

*

Dans un article précédent publié sur lundimatin, j’écrivais ce paragraphe, au conditionnel.

Imaginons. Une petite maison d’édition indépendante apprendrait que son distributeur est en cessation de paiements et s’apprête à faire faillite — conséquence, entre autres, du placement en redressement judiciaire de plusieurs grandes librairies clientes (Gibert Joseph en avril 2026, le Furet du Nord et Decitre en mai 2026) qui lui devaient des sommes importantes. Ce seraient des dizaines de milliers d’euros de créances irrécouvrables pour cette maison d’édition — une…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev