Rocío Veas montre également comment les mobilisations féministes ont transformé les contours mêmes de ce qui est reconnu comme travail : dans les quartiers populaires, les femmes qui assurent les cantines, la garde des enfants, l’accompagnement des personnes âgées ou des victimes de violences ont progressivement imposé la reconnaissance du travail socio-communautaire. L’expérience de l’UTEP invite ainsi à repenser conjointement les frontières du travail, de la reproduction sociale et de la classe ouvrière.
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Pour commencer, pourrais-tu expliquer brièvement quelle est la situation de l’économie informelle en Argentine ? Pour quelqu’un qui vit en France et qui ne connaît pas bien cette réalité, de quoi parle-t-on lorsqu’on évoque l’« économie informelle » ?
En Argentine, l’économie informelle a toujours occupé une place très importante, surtout depuis les années 1990. À l’heure actuelle, plus de 40 % de la population occupée exerce des emplois informels, c’est-à-dire des emplois qui ne sont pas déclarés et qui, par conséquent, ne bénéficient pas des protections et des droits du travail correspondants. Ce chiffre permet de mesurer l’énorme précarité de l’emploi qui règne dans le pays, mais il masque des réalités hétérogènes.
Au cours de la dernière décennie, cependant, cette question a fait l’objet de nombreux débats. Tant au sein des organisations sociales que dans les milieux universitaires, on a cessé de parler exclusivement d’« économie informelle » pour recourir de plus en plus à la notion d’économie populaire. Il s’agit d’un univers qui, bien qu’il présente d’importants recoupements avec l’informalité, n’est pas synonyme de celle-ci. Cette notion vise à aller au-delà de la simple question de savoir si le travail est déclaré ou non, pour s’intéresser à son caractère structurel et à la logique même de l’activité, qui est fondamentalement…
Auteur: camille varso
