Un joli cadeau d’anniversaire pour ses 80 ans. Telle est la manière dont EDF a présenté son plan de 240 millions d’euros dédiés à l’accélération de l’électrification, dévoilé le 8 avril.
Il inclut une prime forfaitaire de 1 000 euros pour l’achat d’une pompe à chaleur pour 80 000 ménages à revenus modestes. Côté transports, le groupe promet 30 millions d’euros — 15 000 euros par camion — d’aides à l’achat d’un poids lourd électrique en remplacement d’un diesel. En complément, 50 millions d’euros seront dédiés à l’installation d’ici trois ans de 180 bornes de recharge pour poids lourds sur tout le territoire métropolitain. Enfin, EDF va consacrer 80 millions d’euros au soutien de l’implantation de « nouveaux consommateurs d’électricité », industries et data centers, en leur mettant à disposition des terrains clés en main avec connexion au réseau électrique.
Cette annonce n’étonne pas Bastien Cuq, responsable énergie au Réseau Action Climat. « C’était annoncé dans le plan d’électrification, ou plutôt dans l’esquisse de plan d’électrification du gouvernement. Le Premier ministre avait dit qu’il voulait mettre à contribution les entreprises publiques de l’énergie », rappelle-t-il. L’ingénieur trouve « encourageant » et « très positif » que le groupe investisse dans l’électrification, alors que le prix des énergies fossiles a flambé à cause de la guerre au Moyen-Orient.
Mais le cadeau d’EDF n’est pas désintéressé. Le groupe espère accroître la consommation électrique de 0,5 térawattheure (TWh) par an grâce à ses aides aux pompes à chaleur et aux camions électriques, et de 3 à 5 TWh supplémentaires par an avec ses terrains pour installations fortement consommatrices d’électricité. Un moyen d’assurer de nouveaux débouchés à son abondante production électrique, alors que la consommation peine à…
Auteur: Émilie Massemin

