Pendant que l’industrie culturelle transforme les livres en produits, certaines voix irréductibles refusent encore de se soumettre aux lois du marché. Dans un paysage éditorial verrouillé par quelques grands groupes, tels que ceux de Bolloré – où la rentabilité décide de ce qui mérite d’être publié ou invisibilisé, défendre la cause animale, l’écologie ou la critique du productivisme devient un acte militant.
Car parler des animaux, aujourd’hui, ce n’est pas seulement évoquer la souffrance ou l’alimentation. C’est remettre en cause un système économique fondé sur l’exploitation du vivant, interroger nos habitudes les plus ancrées et affronter des industries puissantes qui préfèrent le silence au débat.
Les éditions Evalou font partie de ces structures qui ont choisi de ne pas séparer culture et militantisme. À travers leurs livres, leurs combats et leur modèle atypique, elles défendent une vision profondément politique de l’édition : publier non pas ce qui se vend le mieux, mais ce qui doit être entendu.
Mr Mondialisation : À l’heure où une grande partie du monde de l’édition appartient à quelques groupes industriels et milliardaires, pourquoi était-il important pour vous de créer une maison d’édition indépendante et militante ?
David : « En France, on estime que 10 % des maisons d’édition publient près de 90 % des livres achetés. Cela s’explique notamment par la concentration des chaînes de librairies, des Relay H et par l’hypercentralisation des grands groupes éditoriaux qui, comme vous l’avez souligné, appartiennent souvent à de grandes fortunes.
Leur vocation première reste la rentabilité, quitte à laisser de côté des valeurs qui rapportent peu d’argent, comme la solidarité, la cause animale ou encore l’entraide entre les peuples. Militer, c’est donner l’occasion à des valeurs non…
Auteur: Mauricette Baelen

