En éducation, le débat sur l’importance à accorder aux données probantes refait surface à intervalles réguliers depuis une vingtaine d’années.
Avec la récente réforme annoncée par le ministre de l’Éducation du Québec, Bernard Drainville, une certaine confusion règne quant au sens à donner à ce concept.
Il peut être difficile de comprendre les enjeux du débat qui s’est transporté sur la place publique quant à l’utilisation des données probantes ou à la création d’un Institut national d’excellence en éducation (INEÉ). En effet, comment ne pas se réjouir d’un gouvernement qui affirme vouloir éclairer ses décisions par des données scientifiques indiscutables ? Qu’est-ce qui peut expliquer que certains intervenants semblent s’inquiéter de l’excellence en recherche ?
En tant que chercheur en fondements de l’éducation, je m’intéresse à la fois à la philosophie de la connaissance, donc aux critères qu’on utilise pour déterminer ce qui peut être jugé comme étant vrai, et à la fonction de l’éducation et de l’école. J’estime que pour bien saisir les enjeux liés à l’utilisation des données probantes en éducation, il convient d’expliquer ce qu’elles sont et le contexte dans lequel elles ont été déployées.
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Faire le pari du positivisme en recherche
D’abord, il importe de noter que les partisans de la supériorité de ces données s’inscrivent dans une conception bien précise de ce qu’est la vérité, de ce qu’elle exige et de la forme qu’elle peut et devrait prendre.
Le concept des données probantes porte en effet toutes les caractéristiques du positivisme, ce courant philosophique né au XIXe siècle qui soutient qu’il existerait des vérités, voire des lois qui expliqueraient la totalité de l’expérience humaine….
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Auteur: Charles-Antoine Bachand, Professeur, Université du Québec en Outaouais (UQO)

