Bouleversement géopolitique, la Seconde Guerre mondiale a aussi marqué un tournant dans l’histoire de l’enfance et transformé la place accordée aux jeunes dans la société. Si la création de l’Unicef puis la Déclaration des droits de l’enfant témoignent d’une volonté de mieux protéger les plus vulnérables, les moins de 18 ans sont aussi considérés comme des acteurs clés pour construire la paix. C’est en ce sens qu’est réinvestie l’institution scolaire, avec une attention forte aux pédagogies nouvelles et aux échanges entre les pays.
Si la Première Guerre mondiale, puis la guerre civile espagnole, avaient déjà impliqué les enfants d’Europe occidentale, c’est bien la Seconde Guerre mondiale qui constitue un tournant en matière d’intégration des plus jeunes dans un conflit.
Durant les années 1940, jamais ces derniers n’avaient été autant mobilisés et pris pour cibles. Entre bombardements, exactions, déplacements, massacres et génocides, les formes de violences auxquelles ils font face au sein des pays belligérants ont été nombreuses. Elles les ont affectés par millions, tandis qu’ils n’échappaient pas non plus à ses conséquences indirectes : pénuries, séparations familiales, deuils…
Aussi, au lendemain du conflit, les craintes à l’égard de cette potentielle « génération perdue » sont-elles grandes parmi les adultes, qu’ils soient experts de l’enfance (pédiatres, nutritionnistes, psychologues, etc.), acteurs politiques ou humanitaires.
La prise de conscience partagée à l’échelle transnationale de la nécessité de mettre en place tout un ensemble de mesures pour relever et protéger les enfants, désormais perçus comme les êtres les plus vulnérables des vulnérables, se traduit notamment par la naissance du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en décembre 1946 et, quelques années plus tard, par la Déclaration des droits de l’enfant.
Mais…
Auteur: Camille Mahé, Maîtresse de conférences en histoire, Université de Strasbourg

