Dans la couverture médiatique du conflit dit israélo-palestinien, une absence s’impose avec une constance troublante : celle des Palestiniens eux-mêmes. Non pas leur absence physique – leurs morts, leurs ruines, leurs visages d’enfants saturent périodiquement l’écran – mais leur absence discursive, narrative, politique. Les Palestiniens sont omniprésents comme corps, mais absents comme sujets. Ce paradoxe n’est pas anecdotique. Il dit quelque chose de la manière dont les sociétés occidentales se représentent ce conflit, et, plus profondément, de celle dont se fabrique une « terre à prendre ».
L’effacement lexical : un conflit sans colonisés
La fabrication d’un monde où l’occupé n’existe que dans le miroir du dominant.
Les mots font l’histoire autant qu’ils la racontent. Or, dans le lexique médiatique dominant, le conflit israélo-palestinien se trouve dépolitisé par le choix des termes : « affrontements », « ripostes », « escalades ». Autant d’expressions symétriques qui placent les deux parties sur un même plan, comme si l’on assistait à un désaccord entre États égaux. Le mot « colonisation », pourtant documenté par le droit international, disparaît presque toujours.
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Le terme « occupation » n’est mentionné que dans les notes de bas de page ou les interventions de chercheurs minoritaires. Cette neutralisation du langage produit une illusion d’équilibre : elle efface la dissymétrie fondamentale entre un pouvoir occupant et un peuple colonisé. C’est le premier acte de ce que le philosophe Edward Said aurait nommé une mise en récit impériale : la fabrication d’un monde où l’occupé n’existe que dans…
Auteur: Brahim Metiba

