Effectuer des prédictions sur le marché des cryptomonnaies… grâce à Spotify !

« Outre la cause due à la spéculation, l’instabilité économique trouve une autre cause, inhérente celle-ci à la nature humaine, dans le fait qu’une grande partie de nos initiatives dans l’ordre du bien, de l’agréable ou de l’utile procèdent plus d’un optimisme spontané que d’une prévision mathématique. Lorsqu’il faut un long délai pour qu’elles produisent leur plein effet, nos décisions de faire quelque chose de positif doivent être considérées pour la plupart comme une manifestation de nos esprits animaux, comme l’effet d’un besoin instinctif d’agir plutôt que de ne rien faire, et non comme le résultat d’une moyenne pondérée de bénéfices numériques multipliés par des probabilités numériques. »

Tel est ce qu’écrivait John Maynard Keynes sur une célèbre page de sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie en 1936. Dans l’incertitude, nos décisions présentent parfois des incohérences et des instabilités en raison de nos « esprits animaux », notion très utilisée au Moyen-Âge. L’idée a été plusieurs fois reprise par les économistes et appliquée notamment aux marchés financiers. En 2009, George Akerlof et Robert Shiller, « Nobel » d’économie respectivement en 2001 et 2013, publient l’ouvrage Les Esprits animaux. Comment les forces psychologiques mènent la finance et l’économie.

Et si la musique, « langue des émotions » comme le disait Emmanuel Kant, influait sur ces esprits animaux ? Telle est la piste que nous avons explorée dans un travail de recherche récent, publié dans l’International Review of Financial Analysis.

Capter les émotions associées à la musique

Par « sentiment des investisseurs », on désigne l’ensemble des pensées positives ou négatives que ceux-ci portent à l’égard des actifs financiers en général. Ce sentiment peut influencer les prix des actifs de manière non justifiée par des facteurs…

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Auteur: Sinda Hadhri, enseignante-chercheure en Finance, ESDES