Connaissez-vous Nouvelle École ? C’est une forme de télé-réalité qui vise à mettre en concurrence une dizaine de rappeurs et de rappeuses avec à la clé 100 000 euros pour le vainqueur. Le tout avec une série d’épreuves allant du battle au showcase pour divertir le public mais aussi pour que le jury, composé de rappeurs et de rappeuses puisse juger. Une jeune rappeuse du nom d’Ekloz arrive à la saison 4 et survit à quelques épreuves mais on sent très vite une relation fraîche entre elle et le jury. Du moins, c’est ce que le montage laisse transparaître.
Ekloz arrive avec un style qui paraît clivant, mais qui en réalité est très présent dans l’industrie et particulièrement chez la nouvelle génération : une utilisation aiguë de l’autotune, une saturation et beaucoup de variations dans la prod. On pourrait citer l’album LAÏLA de Khali par exemple comme référence qui avait à sa sortie fait l’unanimité dans la scène underground. Mais, la structure de Nouvelle École favorise la simplicité et l’efficacité : le biais évident d’un jury composé de créateurs, c’est qu’ils vont consciemment ou inconsciemment favoriser des styles qui ne s’éloignent pas trop de ce qu’ils produisent. Le jury ? C’est SDM, un rappeur précédemment signé chez 92i, maison de disque de Booba qui à une vision très particulière du rap dont on parlera plus tard et SCH, superstar marseillaise du rap français, qui malgré son ouverture d’esprit, garde, selon moi, un avis biaisé par le contexte qui l’a fait émerger : 2015, l’ère glorieuse du succès de la trap.
En gros, si l’on produisait une émission type Nouvelle École à l’âge d’or du Rock, peut-être qu’ils auraient vu le talent et la puissance des Beatles, mais il est fort probable qu’ils soient passés à côté de l’expérimentation sonore des Pink Floyd ou de Velvet Underground. Mais Nouvelle École reflète un esprit réel dans…
Auteur: Amine Snoussi

