Un an après la chute d’El Fasher, les violences ont laissé des blessures que l’exil n’a pas refermées. Parmi les femmes et les filles qui ont fui cette ville du Darfour du Nord, dans l’ouest du Soudan, beaucoup souffrent encore d’insomnies, vivent dans la crainte de nouvelles attaques ou restent sans nouvelles de proches disparues. Pour la plupart, l’accès à un soutien psychologique demeure hors de portée.
C’est le constat d’une enquête menée par ONU Femmes auprès de 50 organisations venant en aide aux femmes déplacées d’El Fasher. La quasi-totalité, soit 49 d’entre elles, rapportent des signes de détresse psychologique chez les survivantes. Et 90 % indiquent que cette souffrance persiste un an après les événements.
« Les images qui nous sont parvenues d’El Fasher il y a un an ont permis de prendre la mesure de l’ampleur des violences infligées aux femmes et aux filles au Soudan : viols collectifs, coups, humiliations et spoliation de leurs biens », a rappelé Anna Mutavati, directrice d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, lors d’un point de presse à Genève, auquel elle participait depuis Nairobi.
Certaines femmes et filles ont également été enlevées. Leurs familles ignorent toujours ce qu’elles sont devenues.
Des femmes ayant fui les combats dans la ville d’El Fasher, au Darfour, sont soignées dans un centre de santé à Tawila.
Des traumatismes sans prise en charge
L’enquête donne la mesure d’une souffrance largement invisible : 48 organisations sur 50 signalent des troubles du sommeil parmi les survivantes. Environ deux tiers disent avoir connaissance de femmes ou de filles disparues pendant ou après la chute de la ville.
À ces traumatismes s’ajoute la difficulté de survivre au quotidien. Neuf organisations sur 10 décrivent des conditions de…
Auteur: Nations Unies FR
