El Niño : le Panama décrète un état d'urgence climatique, aussitôt contesté

Face à un épisode d’El Niño que les scientifiques anticipent d’une ampleur sans précédent, le gouvernement panaméen a dégainé, mardi 25 août, l’arme de l’état d’urgence. Un décret a été annoncé en conférence de presse, afin, a déclaré la ministre de l’Intérieur Dinoska Montalvo, d’« anticiper à la fois les inondations et glissements de terrain » et gérer la sécheresse qui frappe ce pays d’Amérique centrale.

Phénomène climatique naturel étalé sur neuf à douze mois, El Niño se caractérise par un réchauffement inhabituel à la surface de l’océan Pacifique tropical qui perturbe les conditions météorologiques à l’échelle mondiale, provoquant et aggravant sécheresses et précipitations violentes dans plusieurs régions du globe.

« Pourvu que le gouvernement nous aide réellement cette fois », espère Franklin Barria, producteur de riz dans l’est du Panama, dont l’exploitation est menacée par le manque d’eau. Son inquiétude, répandue dans la population panaméenne, est accentuée par l’existence de soupçons de corruption liés aux états d’urgence précédents.

Dans les faits, le décret annoncé par le gouvernement du président conservateur José Raul Mulino lui permet notamment de « supprimer certaines procédures administratives, lourdes et longues, pour débloquer des achats et des budgets plus rapidement, censés répondre à la crise », explique Jorge Castañeda, avocat qui exerce au sein de l’université du Panama.

Trafic réduit sur le canal de Panama

La résolution autorise les acquisitions via une « procédure spéciale d’acquisition pour situations d’urgence nationale », mais ne liste pas les biens précis à acheter. Or, « ces périodes d’état d’urgence ici sont devenues des moments où les autorités en profitent pour passer des commandes à des entrepreneurs qui leur sont proches ou à qui elles doivent des faveurs, car les contrôles ne se…

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Auteur: Camille Bouju