La Colombie vit aujourd’hui sa première expérience de gouvernement progressiste avec la présidence de Gustavo Petro, élu en 2022. Ce changement politique intervient dans un pays marqué par une histoire de violence contre les mouvements sociaux : des milliers de syndicalistes, de dirigeants communautaires, de défenseurs des droits humains et de militants écologistes y ont été assassinés au cours des dernières décennies, tandis que des structures paramilitaires continuent d’exercer une influence dans plusieurs régions du pays. La question agraire demeure l’une des principales sources d’inégalités : selon diverses études, environ 1 à 2 % des propriétaires concentrent près de 80 % des terres agricoles productives. Dans ce contexte, le gouvernement Petro a commencé une réforme agraire, avec plus de 570 000 hectares de terres distribués à des paysans, victimes du conflit et communautés rurales, grâce à l’achat de propriétés auprès de grands propriétaires fonciers ainsi qu’à la récupération de terres confisquées au narcotrafic. Le gouvernement a également rendu permanent l’accès gratuit aux études de bachelor dans les universités publiques, augmenté de manière significative le salaire minimum chaque année, renforcé les droits du travail en consolidant la journée de huit heures, en réduisant progressivement la durée hebdomadaire du travail et en améliorant les majorations pour le travail de nuit, les dimanches et les jours fériés. Parmi les autres avancées figurent l’extension de la couverture des retraites à travers une réforme visant à intégrer des millions de personnes âgées auparavant exclues du système, la formalisation de travailleurs précaires, ainsi que des politiques destinées à réduire la pauvreté et les inégalités
Pour Iván Cepeda, soutenu par Petro, il ne s’agit pas seulement d’assurer la continuité du changement engagé par le gouvernement progressiste, mais d’en…
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