Dans les sondages de fin juillet, les deux favoris Lula et Flavio Bolsonaro dépassent tous les deux les 40 % d’intention de vote. À quel point la vie politique brésilienne est-elle polarisée ?
Je n’aime pas beaucoup parler de « polarisation », car ce terme donne l’impression qu’il existe deux pôles idéologiquement équivalents. Mais il est vrai que la vie politique brésilienne, comme dans beaucoup d’autres pays, est aujourd’hui très clivée. Une partie de l’électorat s’identifie fortement à Lula, tandis qu’une autre vote pour lui avant tout par rejet de l’extrême droite. Et l’inverse est également vrai : il existe un socle électoral bolsonariste très solide, autour de 20 % au moins, mais une partie des électeurs de Flávio Bolsonaro vote aussi pour lui par rejet du gouvernement Lula. Il faut replacer cette situation dans un contexte international d’extrémisation d’une partie de la droite. Je ne dirais donc pas qu’il existe deux « extrêmes » symétriques : Lula n’est pas un candidat d’extrême gauche. Il s’agit plutôt d’une société électoralement divisée en deux grands blocs, dans laquelle l’adhésion politique se combine avec un fort rejet du camp adverse. C’est d’ailleurs ce que montrent les simulations de second tour : même certains candidats de droite qui obtiennent des scores relativement faibles au premier tour atteignent plus de 40 % face à Lula dans les cas hypothétiques de deuxième…
Auteur: Henri Clavier

