Près de 160 millions d’électrices et d’électeurs brésiliens sont amenés à se prononcer lors du premier tour de l’élection présidentielle ce dimanche 4 octobre. S’y affrontent deux principaux candidats : d’un côté le président en exercice, Luiz Inácio Lula, 80 ans, issu du parti des travailleurs, (PT, principal parti de gauche), à la tête d’une coalition qui s’étend de la gauche radicale au centre droit ; de l’autre, le candidat d’extrême droite Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro – ce dernier a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État et est donc inéligible –, soutenu par l’administration Trump.
Les deux candidats sont au coude à coude dans les sondages, avec respectivement autour de 40 % des intentions de vote, alors que de nouveaux scandales de corruption (l’affaire de la banque privée Banco Master) entachent la réputation des deux camps et que la violence liée au narcotrafic ou aux milices privées demeure endémique.
Ce 4 octobre, les Brésiliens éliront également les députés qui siègeront au Parlement fédéral, renouvelleront les deux tiers du Sénat et voteront pour les assemblées de chacun des 27 États brésiliens. Le second tour de l’élection présidentielle se déroulera le 25 octobre. Le Brésil basculera-t-il à son tour à l’extrême droite, après le Chili ou la Colombie ? Décryptage de ce moment politique avec Gabriel Feltran, sociologue brésilien, spécialisé des questions de sécurité publique et d’organisations criminelles, directeur de recherche au CNRS et rattaché à Sciences Po.
Basta! : D’où vient le bolsonarisme, incarné par l’ancien militaire Jair Bolsonaro, président du Brésil de 2019 et 2023, et par ses fils, en particulier Flávio Bolsonaro, candidat à l’élection présidentielle cette année ? Et pourquoi qualifier ce courant d’extrême droite ?
Gabriel Feltran : Le bolsonarisme…
Auteur: Ivan du Roy
