À moins de trois semaines du vote, Vincent ne sait pas encore s’il se déplacera aux urnes. « Je suis ça de très loin, je ne sais même pas exactement quelle est la date de l’élection », dit cet éleveur de vaches laitières dans la Manche. Comme lui, 2,2 millions de personnes du monde agricole (chefs d’exploitation, salariés agricoles, retraités…) sont appelées à élire vendredi 31 janvier les membres des 88 chambres d’agriculture départementales, interdépartementales, territoriales et deux chambres d’agriculture de région (Île-de-France et Corse), pour une durée de six ans. Les différents syndicats agricoles déposent des listes de candidats, notamment pour le collège « chefs d’exploitation », le plus important, qui réunit plus de la moitié des élus.
Bien que le scrutin soit déterminant — les chambres d’agriculture conseillent les agriculteurs sur leur installation, investissements et techniques de production et exercent ainsi une influence pour défendre une certaine vision de l’agriculture — élection après élection, l’abstention bat sans cesse ses propres records.
Lors de la dernière échéance électorale en 2019, elle avait atteint 53,6 % pour le collège des chefs d’exploitation contre 45,5 % en 2013 et 33,6 % en 2007. L’ensemble des cinq collèges suit la même tendance : 45 % d’abstention en 2007, 63 % en 2013, et 71,5 % en 2019.
Un scrutin après une année mouvementée
Cette année, les élections ont été davantage médiatisées avec les mobilisations des agriculteurs. Derrière les revendications contre l’accord de libre échange avec les pays du Mercosur, les syndicats présents sur les routes — en particulier la FNSEA et la Coordination rurale — ont en ligne de mire les élections professionnelles pour mobiliser le plus de votants et ainsi remporter le plus de chambres possible.
À l’issue du scrutin de 2019, la Fédération nationale des syndicats…
Auteur: Jeanne Cassard

