Les électeurs espagnols sont conviés aux urnes le 23 juillet prochain, en pleine période de vacances estivales.
Deux questions occuperont les analystes jusque bien après la tenue du scrutin. D’abord, la formation d’un gouvernement soutenu par une majorité stable au parlement sera-t-elle possible ? Et le gouvernement inclura-t-il des élus de Vox, un parti d’extrême droite hostile à l’immigration, aux droits des femmes, des minorités sexuelles et de genre ?
Si les conservateurs du Partido Popular l’emportent et que Vox détient la balance du pouvoir, l’extrême droite intégrera une coalition gouvernementale pour la première fois depuis la consolidation de la démocratie espagnole.
Doctorant et chargé de cours en sociologie à l’Université du Québec à Montréal, mes recherches portent sur la mémoire collective du passé fasciste dans l’Espagne et l’Italie démocratiques.
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Espagne : l’extrême droite pourrait faire son entrée au gouvernement
Des élections régionales et municipales aux élections générales
Les partis formant la coalition gouvernante en Espagne ont subi une défaite historique aux élections régionales et municipales du 28 mai.
Le PP devrait bientôt diriger 11 régions, contre trois pour les socialistes. Ces deux partis étaient à la tête de cinq et neuf régions, respectivement, avant les régionales. Le PP devrait par ailleurs gouverner en coalition avec Vox dans 135 municipalités.
La progression du PP a été marquée : à l’échelle nationale, le parti a gagné près de deux millions de votes par rapport aux élections générales de novembre 2019, pour culminer à 31,5 % des suffrages. Les socialistes (PSOE) ont subi un modeste recul de 430 000 votes par rapport à 2019, obtenant 28 % des suffrages. Mais l’effondrement de Podemos, leur partenaire de coalition, place la gauche en position précaire.

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Auteur: Michel-Philippe Robitaille, Doctorant et chargé de cours en sociologie, Université du Québec à Montréal (UQAM)

