L’échéance sera décisive pour le plus grand pays d’Amérique latine, mais aussi pour l’ensemble du continent. Si treize candidat·es sont en lice, la bataille se jouera entre deux hommes, loin devant les autres dans tous les sondages : le président sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, qui briguera un quatrième mandat à l’âge de 80 ans pour le Parti des travailleurs (PT) ; face à lui, le poulain de l’extrême droite, Flavio Bolsonaro, 45 ans, membre du Parti libéral (PL) et fils de l’ex-président Jair Bolsonaro (2019-2023).
Pour Valerio Arcary, qui vient de publier un ouvrage consacré à l’affrontement entre le « lulisme » et le « bolsonarisme », c’est un pays fracturé qui se rendra aux urnes. Il devra choisir entre un approfondissement des réformes démocratiques et sociales mises en œuvre par le PT, qui comporte toute une série de limites du point de vue de la gauche radicale, et le gigantesque bond en arrière promu par le clan Bolsonaro, soutenu par Donald Trump, Javier Milei ou encore Benjamin Netanyahu.
Cet entretien a été réalisé par Guy Zurkinden pour Le Courrier, et publié le 28 août 2026.
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L’élection présidentielle se jouera entre Lula et Flavio Bolsonaro. Peut-on indiquer une tendance, à six semaines du premier tour ?
Valerio Arcary : Le résultat est totalement ouvert. Les sondages se succèdent à grande vitesse. Ils indiquent une nette avance pour Lula au premier tour. Mais au second, les deux candidats sont au coude-à-coude. Ce n’est pas étonnant, car le Brésil est profondément divisé.
Flavio Bolsonaro pourra s’appuyer sur une majorité des suffrages masculins, tandis que plus de 50% des femmes soutiennent Lula ; le président sortant [Lula] gagne le vote de la population noire et métisse, Bolsonaro celui des personnes qui se définissent comme blanches. Lula est très populaire parmi les travailleur·ses qui gagnent moins de 2 salaires minimaux…
Auteur: ugopalheta
