Des élections ont eu lieu fin mai dans l’indifférence médiatique. Visant à désigner 77 délégués consulaires et 443 conseillers des Français de l’étranger répartis dans 130 circonscriptions à travers le monde, les élections consulaires se sont tenues du 22 au 31 mai. Au total, ce sont près de 1,7 million de Français résidant à l’étranger qui étaient appelés aux urnes afin d’élire leurs représentants auprès des ambassades et consulats, pour un mandat de six ans. Les conseillers prendront part à l’élection des 12 sénateurs représentant les Français établis hors de France lors des élections sénatoriales de septembre.
Le scrutin n’est donc pas sans enjeu politique… mais les médias n’en ont quasiment pas parlé. Hormis, notamment, LCP (05/04), l’AFP (22/05) ou La Croix (22/05), les rares articles sur le sujet paraissent surtout la veille ou le dernier jour du vote… voire après le scrutin : La Croix, le JDD (30/05), Le Monde, Mediapart (31/05), Le Républicain Lorrain, Libération, Les Échos (04/06), Marianne (05/06)…
« Peu médiatisées en France » (Le Monde), « scrutin discret » (Les Échos), « quasi-indifférence médiatique » (JDD), ou, même, des élections « dont tout le monde se fout royalement » (« Quotidien », 28/05) : au moins les grands médias font-ils preuve de lucidité les concernant.
Iront-ils jusqu’à se remettre en question ? Avec leur pouvoir de mise à l’agenda, les médias jouent un rôle déterminant dans la sélection des informations ; ils constituent, en tant qu’animateurs du débat public, une médiation clé pour que les électeurs et électrices connaissent les modalités de vote, les enjeux qui lui sont liés, les choix politiques qui s’offrent à eux. Mais dès qu’ils se trouvent privés de sondages, de « punchlines » et des principaux éléments constitutifs de la « course de petits chevaux », les médias regardent…
Auteur: Nils Solari

