Vous lisez la deuxième partie de notre série d’entretiens « Municipales 2026 : nos campagnes, loin des clichés ».
Les campagnes votent-elles extrême droite, et les quartiers populaires pour la France Insoumise ? La réalité est plus complexe, montre la « Nouvelle cartographie électorale de la France » (ed. Textuel, janvier 2026). Ses auteurs Youssef Souidi, docteur en sciences économiques au CNRS, et Thomas Vonderscher, éditeur indépendant diplômé de l’ENS Paris-Saclay en sciences sociales, ont analysé les résultats électoraux de près de 70 000 bureaux de vote.
Ils ont croisé cette grille géographique fine avec celle du niveau de vie de chacun des quartiers correspondant à ces bureaux de vote, qui ont ainsi été classés de 1 à 20 — du plus pauvre au plus riche. Il en ressort que la répartition du vote Rassemblement national est un peu plus complexe qu’un clivage urbain/rural, et que le vote des plus pauvres ne lui est pas forcément acquis, expliquent les deux auteurs à Reporterre.
Reporterre — Pourquoi avez-vous choisi, pour analyser les votes, de croiser la géographie et le niveau de vie ?
Youssef Souidi — Ces variables sont extrêmement présentes dans le débat public. Au lendemain matin d’une journée électorale, vous avez des cartes à la Une des journaux. Quant à la variable sociale, elle est également très importante puisqu’il y a des débats, par exemple, pour savoir si le RN est vraiment le premier parti des classes populaires.
L’un des débats est qu’il y aurait une France des tours qui voterait à gauche et une France des bourgs qui voterait pour l’extrême droite. Est-ce que cette simplification des enjeux a du sens d’après vos résultats ?
Thomas Vonderscher — Effectivement, nous constatons qu’il y a une différence de dix points de pourcentage dans le vote pour l’extrême droite, selon que l’on regarde les bureaux de vote de la commune centre ou de la…
Auteur: Marie Astier

