Cette fois, c’est son moment. Friedrich Merz, 69 ans, n’entend pas se laisser voler sa victoire. Le leader du parti chrétien-démocrate (CDU) fait la course en tête, avec 30 % d’intentions de vote pour les législatives du 23 février. Il fait campagne avec le ton de celui à qui le pouvoir est promis.
Le leader chrétien-démocrate souhaite « remettre l’Allemagne sur de bons rails », selon la formule qu’il affectionne. Depuis des semaines, il s’attache à marteler ses priorités. Friedrich Merz veut ainsi baisser les impôts et alléger les contraintes pour les entreprises. Il entend aussi sévir contre l’immigration illégale et investir dans la défense, et rêve de doter à nouveau son pays de centrales nucléaires.
« Il y a aujourd’hui en Allemagne le désir d’une politique plus protectrice et donnant plus de liberté au monde économique, explique Hélène Miard-Delacroix, professeure à Sorbonne Université, spécialiste de l’Allemagne contemporaine. Les Allemands considèrent que l’activité a été trop entravée par les réglementations en faveur du climat. Le discours de Friedrich Merz, qui appelle à libérer le potentiel des entreprises, fait basculer de nombreux électeurs du côté de la CDU. »
Son programme, de fait, renoue avec la politique qui a si bien réussi à l’Allemagne des années 1980. Une époque où l’industrie allemande enchaînait les succès, le couple franco-allemand semblait solide, l’extrême droite ne rassemblait pas 20 % des intentions de vote, et il était facile d’exporter. Un temps où l’Allemagne était en pleine confiance.
Un représentant de l’aile droite de la CDU
Cette époque, précisément, c’était la sienne, celle durant laquelle le jeune Friedrich Merz semblait promis aux plus hautes fonctions. Il a grandi dans une famille de notables catholiques de Brilon, une petite ville de Rhénanie du Nord où son père était juge. Lui-même marche dans les traces…
Auteur: Alain Guillemoles

