La quête d’alliés commence pour Friedrich Merz. Au lendemain de sa victoire aux législatives allemandes, le leader des conservateurs de la CDU/CSU s’est lancé lundi 24 février dans des négociations ardues pour former un gouvernement avec ses rivaux sociaux-démocrates du SPD.
Friedrich Merz se donne deux mois, jusqu’à Pâques, pour surmonter les divergences, notamment budgétaires, entre les deux partis et doter l’Allemagne « d’un gouvernement efficace ». Ses partenaires européens l’attendent avec fébrilité, alors que les tensions montent dans la relation transatlantique depuis le retour aux affaires de Donald Trump.
En lançant les négociations avec les sociaux-démocrates, arrivés troisièmes du scrutin dimanche, le futur chancelier allemand espère s’assurer du soutien de la majorité des 630 députés fraîchement élus. Un exercice auquel se sont livrés tous ses prédécesseurs depuis 1949, du fait d’un mode de scrutin rendant particulièrement difficile l’acquisition par un seul parti d’une majorité absolue au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand.
► La « grande coalition », un mariage de raison
C’est l’option actuellement privilégiée par Friedrich Merz pour s’assurer de la confiance de la majorité des députés. La « grande coalition » repose sur l’alliance de deux formations politiques principales, les conservateurs de la CDU/CSU et les sociaux-démocrates du SPD. Les deux partis contrôleraient ensemble 328 des 630 sièges du nouveau Bundestag, tout juste au-dessus de la majorité se situant à 316 sièges.
Également appelée coalition « noire-rouge » (couleurs des deux partis), il s’agit d’un modèle largement éprouvé dans le passé. La première grande coalition outre-Rhin voit le jour en 1966 : le gouvernement dirigé par Kurt Georg Kiesinger est constitué et soutenu par la CDU/CSU et le SPD, disposant ensemble de plus de 90 % des sièges du Bundestag….
Auteur: Elie Guidi

