«Où que nous regardions, l’ombre gagne. L’un après l’autre les foyers s’éteignent. Le cercle d’ombre se resserre.» Aimé Césaire
La résistible ascension du fascisme dans le monde se poursuit. Notre regard se tourne vers l’Allemagne, pays que l’on espérait immunisé, après avoir fait basculer le monde dans la guerre totale, la barbarie raciste et le génocide il y a 80 ans. Il n’en est rien. Le résultat des élections législatives qui ont eu lieu en Allemagne ce dimanche 23 février 2025 nous rappelle que rien n’est jamais acquis, et que la pire des obscurités peut regagner du terrain à tout moment.
Premier enseignement du scrutin : une participation très élevée.
Les autorités estiment qu’entre 83 % et 84 % du corps électoral s’est déplacé dans les urnes. C’est le niveau de participation le plus élevé depuis la réunification du pays après la chute du bloc de l’Est. Autrement dit, on ne peut même pas se rassurer du résultat désastreux par un boycott populaire des urnes : ce sont des dizaines de millions de personnes qui ont plébiscité la droite radicale et l’extrême droite, dans le pays le plus peuplé et le plus riche d’Europe.
Deuxième enseignement : le triomphe de la droite.
Le grand parti conservateur, la CDU qui est l’équivalent des Républicains en France, fait carton plein avec autour de 30% des voix selon les premiers résultats diffusés par les médias publics. Comme en France, ce grand parti de droite s’est radicalisé ces dernières années : plutôt centriste à l’époque de la chancelière Angela Merkel, il s’aligne désormais sur les positions les plus réactionnaires. À sa tête, un certain Friedrich Merz, qui est à la fois politicien et homme d’affaires, et qui a notamment travaillé pour la banque HSBC. Toute ressemblance avec un certain Macron est tout à fait fortuite…
Il y a quelques jours, cet homme a brisé un tabou absolu en Allemagne, en votant une résolution…
Auteur: B

