Élections européennes 2024 : en Italie, la gauche toujours en morceaux

Elle avait annoncé « une petite grande révolution ». Première femme élue à la tête du Parti démocrate (PD), le 26 février 2023, après une défaite historique aux législatives de septembre 2022, Elly Schlein avait promis de bousculer et réformer le parti vieillissant, plombé par les querelles internes et les scandales politiques. Grâce à une alliance des gauches, cette jeune femme voulait même s’imposer comme une force d’opposition crédible face à l’extrême droite au pouvoir à Rome. Mais cet espoir a été douché par la tragicomédie qui s’est jouée récemment à Bari, chef-lieu des Pouilles (Sud).

Administrée par une coalition de gauche – Parti démocrate (PD) et Mouvement 5 étoiles (M5S) –, la région est mise en cause dans plusieurs scandales politico-judiciaires, notamment sur l’achat de votes présumé. Giuseppe Conte, président du M5S (populiste de gauche), se saisit de cette affaire pour revenir à ses fondamentaux, la lutte contre la corruption et l’intégrité des politiques, et renvoyer le Parti démocrate à son image de vieux parti d’apparatchiks corrompus. Habituée aux attaques de son « allié », la secrétaire du PD, Elly Schlein, sort cette fois de sa réserve pour tancer Giuseppe Conte. Une escalade de plusieurs jours qui a fait voler en éclats le Campo Largo, l’alliance entre le PD et le M5S, initiée par Elly Schlein.

« L’universitaire au passeport suisse »

Un an après, qu’en est-il réellement de cette petite révolution ? « Elly Schlein a insufflé un vent nouveau, porté d’autres personnes à la direction du parti et recentré le parti à gauche, en misant sur des alliances, notamment avec le M5S », résume Massimiliano Panarari. Ce professeur en sociologie de la communication à l’université de Modène souligne des prises de position nettes sur des thèmes chers à la gauche : le combat pour les droits civils, la justice climatique et l’immigration. Mais…

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Auteur: Laure Giuily, correspondante à Rome (Italie)