Élections européennes en Hongrie : le début de la fin pour Viktor Orban ?

Les élections européennes du 9 juin ont apporté un profond bouleversement du paysage politique en Hongrie. Le poids politique des 21 députés hongrois au Parlement européen est limité ; mais ce scrutin a revêtu un enjeu majeur de politique intérieure, comme en témoigne le record de participation : 59,46 %, soit 15,88 % de plus qu’en 2019.

Les résultats indiquent un recul du Fidesz-KDNP au pouvoir, qui a obtenu 44,8 % des voix et 11 mandats contre 52,5 % et 13 en 2019. Mais c’est au niveau de l’opposition traditionnelle que le véritable séisme a eu lieu.

L’alliance de gauche Coalition démocratique (DK) – PS (MSZP) – Dialogue (Parbeszed) a essuyé une nette défaite, n’obtenant que 8 % des voix et 2 sièges, contre 16 % et 4 pour DK et 6,1 % et 1 pour MSZP-Parbeszed en 2019. Pis encore, le parti libéral Momentum (2 sièges en 2019) et le Jobbik, parti national-conservateur populiste (1 siège en 2019) se sont effondrés et n’ont obtenu aucun mandat. En revanche, le parti d’extrême droite Notre patrie (Mi Hazank), créé en 2018 et qui ne siège pas au Parlement européen (3,2 % en 2019), a obtenu 1 mandat avec 6,7 % des suffrages.

La grande surprise de cette élection est la percée historique de Péter Magyar et de son parti récemment créé TISZA (Parti du Respect et de la Liberté), largement plébiscité avec 29,67 % des voix et 7 mandats obtenus. La scène politique hongroise est bouleversée.

L’apparition du « cygne noir »

La trajectoire de Péter Magyar est fulgurante. Après avoir fait irruption dans l’arène politique en février dernier, dans un contexte de crise politique majeure, il a présenté son parti TISZA en mars ; trois mois plus tard, le voilà considéré comme une alternative crédible au pouvoir hégémonique du Fidesz.

Ce nouveau venu sur l’échiquier suscite un enthousiasme sans précédent des électeurs de l’opposition : sa campagne improbable et mouvante a…

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Auteur: Renata Varga, Maitresse de conférences en sciences de l’information et de la communication et membre du laboratoire GERiiCO, Université de Lille