Keir Starmer a accédé à la tête du Labour en avril 2020 en promettant une sorte de corbynisme édulcoré, pour finalement devenir le premier ministre travailliste le plus à droite à ce jour.
La nouvelle de la victoire des Verts à l’élection partielle de Gorton et Denton est tombée à 4 h 30 du matin, mais les excuses des perdants étaient déjà prêtes. Le Parti travailliste avait subi une défaite typique d’un parti au pouvoir, tout en ayant mené une « campagne positive », a estimé sa vice-cheffe, Lucy Powell. Les soutiens de Reform UK, le parti de Nigel Farage, ont affirmé qu’ils avaient remporté le vote « de la classe ouvrière », mais qu’ils avaient été battus par des « islamistes » « sectaires » et par des maris musulmans faisant pression sur le vote de leurs épouses.
Certaines de ces explications ne tenaient pas vraiment debout. La campagne soi-disant « positive » du Labour avait notamment accusé les Verts d’encourager les écoliers à prendre de l’héroïne. Le parti avait aussi fabriqué un faux groupe de vote tactique par photomontage, accompagné de graphiques de sondages expliquant aux électeurs qu’il s’agissait d’un « duel à deux » avec Reform UK — en excluant donc les Verts, qui ont finalement gagné largement, avec 40 % des voix.
Il était tout aussi difficile de comprendre la thèse d’un vote musulman « sectaire » en faveur d’une candidate blanche dans un parti écologiste dirigé par un leader gay et juif. Des commentateurs sur Sky News et GB News (deux chaînes de télévision d’information britanniques, la seconde étant plus marquée à droite) ont pourtant repris ces affirmations, insinuant aussi que les musulmans de Manchester ne seraient tout simplement pas issus de la classe ouvrière, ou que les femmes musulmanes auraient pu voter pour un parti de droite anti-immigration sans la pression indue de leurs maris.
La candidate verte Hannah Spencer l’a emporté…
Auteur: ugopalheta

