Cela commence à faire beaucoup. Rien qu’entre le 1er janvier et le 30 avril 2024, la France a totalisé 167 heures de prix négatifs de l’électricité, sur le marché spot, qui représente environ 30 % des échanges dans l’Hexagone, contre 190 heures en 2023. Chez nos voisins, en Allemagne, en Belgique ou en Suisse, la tendance est la même. Sur les quatre premiers mois de l’année 2024, l’Espagne est déjà à 400 heures de prix négatifs, quasiment quatre fois plus que sur l’ensemble de l’année dernière.
Du jamais-vu en cette période de l’année
Rien qu’au mois d’avril, par exemple, il n’y a pas eu un week-end sans que les prix ne passent en dessous de zéro sur le marché de l’électricité, à un moment ou un autre de la journée. Le samedi 13 et le dimanche 14 avril, cela a duré quasiment de 10 heures à 17 heures. Les prix sont tombés à – 55 € en France, en Allemagne et au Benelux en début d’après-midi.
Du jamais-vu en cette période de l’année, surtout aussi longtemps et avec une telle ampleur. « Il faisait très beau ce week-end-là et le photovoltaïque a fonctionné à plein. Il y a aussi eu beaucoup de vent pour l’éolien en Allemagne », décrypte Nicolas Leclerc, cofondateur du cabinet de conseil Omnegy.
Le phénomène s’accélère. En Allemagne, le prix de l’électron est ainsi tombé entre – 130 et – 140 €/MWh entre 13 et 14 heures, dimanche 12 mai 2024. Jusqu’alors cantonnés aux périodes creuses, comme les périodes de vacances ou les jours fériés, les prix négatifs sont en train de s’installer dans le paysage électrique européen. Ce n’est pas forcément très rassurant, même si après l’inflation observée ces dernières années, cette inversion radicale de tendance à certains moments peut sembler bienvenue, de prime abord.
L’offre doit toujours être égale à la demande
Pour essayer de comprendre, il faut revenir à la base du marché de…
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Auteur: Jean-Claude Bourbon

