L’électrohypersensibilité, ou EHS, désigne un syndrome spécifique pour lequel les personnes concernées rapportent divers symptômes qu’elles attribuent aux champs électromagnétiques. De nombreux débats existent aujourd’hui, notamment sur la reconnaissance de l’EHS en tant que maladie, ce qui conduit parfois à des incompréhensions entre la communauté scientifique et les personnes en souffrance.
La perception de risques pour la santé en lien avec les nouvelles technologies est très répandue. Ce phénomène est appelé « préoccupations de santé modernes ». Il inclut des inquiétudes relatives aux champs électromagnétiques, aux polluants atmosphériques, à l’alimentation, aux antibiotiques ou encore au changement climatique. Ces préoccupations sont souvent citées en lien avec le report de symptômes non spécifiques.
Dans les syndromes dits médicalement inexpliqués, tels que la sensibilité chimique, l’intolérance au bruit ou encore le syndrome des bâtiments malsains, les patients se plaignent également de symptômes non spécifiques qu’ils attribuent à un agent environnemental, et ce, en l’absence d’une pathologie qui pourrait les expliquer. Ces syndromes liés à l’environnement, appelés intolérances environnementales idiopathiques sont polymorphes. L’acronyme SAEF (pour Symptoms Associated with Environmental Factors) vise à les rassembler sous un même terme.
Le cas de l’électrohypersensibilité : repérage et prévalence
L’électrohypersensibilité (EHS) est un syndrome pour lequel aucune affection médicale sous-jacente identifiée ne permet d’expliquer les symptômes associés. Elle est classée parmi les intolérances environnementales idiopathiques (IEI) par l’Organisation mondiale de la santé. On parle alors d’IEI-CEM (CEM pour champs électromagnétiques).
En France, dans un avis rendu par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en 2018, les IEI-CEM sont définis…
Auteur: Jimmy Bordarie, Docteur, Maitre de conférences, Université de Tours

