Vendredi 21 novembre, Elena Mistrello, illustratrice italienne de BD, a été expulsée du territoire français dès son arrivée à l’aéroport de Toulouse. Elle était invitée pour le festival BD Colomiers, à l’occasion de la traduction française de Syndrome Italie (Ed. Presque Lune), une fiction sur Vasilica, une femme roumaine venue en Italie pour travailler.
Elle pense que son expulsion pour « menace grave à l’ordre public français » est liée à sa participation à une manifestation en hommage au militant antifasciste Clément Méric en 2023. Dans une interview à Politis, elle rappelle que la répression pouvant aujourd’hui toucher les militants traversant les frontières concerne d’abord les personnes migrantes et racisées.
Que s’est-il passé quand vous êtes arrivée à l’aéroport de Toulouse vendredi dernier ?
Elena Mistrello : J’allais à Toulouse car j’étais invitée à un festival pour la sortie de ma BD en français. J’ai été bloquée à partir du moment où je suis sortie de l’avion. Trois agents de la police aux frontières m’ont dit que je représentais une menace grave à l’ordre public. J’ai été très surprise. Mais j’ai repris mon calme. J’ai dit que j’étais là pour le travail. J’ai voulu leur montrer mon invitation mais ils ne l’ont même pas regardée. Ils étaient très confiants et m’ont dit qu’il fallait que je reparte à Milan. J’ai essayé de contacter un avocat français.
Mais je n’ai pas pu le faire à temps, car tout est allé très vite. J’ai repris l’avion vers l’Italie car je ne voulais pas être enfermée en CRA [centre de rétention administrative, N.D.L.R.]. Le festival m’a tout de suite apporté du soutien. Ma maison d’édition aussi. Je n’ai eu aucune explication officielle sur les raisons de mon expulsion si ce n’est que je serais un « danger pour l’ordre public ».
Auteur: Pauline Migevant

