Plus de 25 000 poulets entassés dans un bâtiment clos de 1 200 mètres carrés au sol (une minuscule feuille A4 par bête), ramassés cinq à cinq par des travailleurs sans contrat et sans protection, jetés dans des caisses pour être emmenés aux abattoirs, où ils mourront avant d’avoir vu la moindre lueur de jour : ce sont les conditions de vie de la plupart des poulets que nous consommons, comme le révèle une nouvelle enquête de L214, diffusée jeudi 19 novembre au matin.
L’association de défense des animaux se fonde sur le témoignage d’un lanceur d’alertes employé comme « ramasseur » dans diverses exploitations icaunaises de la marque DUC, propriété du groupe néerlandais Plukon Food, spécialisé dans la production de volaille.
Les ramasseurs font partie de ces travailleurs de l’ombre des élevages intensifs : toutes les nuits, ils passent quatre ou cinq heures à « encaisser » des poulets qui seront immédiatement conduits de leur unique lieu de vie à leur lieu de mort, et ce métier ne leur les élève pas même au-dessus du seuil de pauvreté.
« Employés à l’heure et travaillant tous les jours de la semaine, nous explique Brigitte Gothière, porte-parole de L214, les ramasseurs ne gagnent pas plus de 25 euros par jour, 7 à 800 euros par mois. Ce sont des sous-traitants mandatés dans des élevages “en intégration”, c’est-à-dire où la marque DUC ne possède pas les murs, mais les bêtes, les outils et l’alimentation. »
La plupart des employés n’ont pas de contrat ou n’ont jamais reçu l’exemplaire signé par l’entreprise. On ne fournit aux ramasseurs ni gants pour prévenir les coups d’ailes et de serres donnés en tout sens par ces animaux paniqués, ni masques susceptibles de les protéger des poussières. Au moment du « ramassage », ces hangars ont accumulé les déjections de 25 000 poulets pendant trente-cinq jours.
Les animaux bougent, la…
Auteur: Augustin Langlade
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