Alors que l’élevage intensif demeure le modèle dominant, L214 analyse les raisons de cette défaillance de l’État et plaide pour une mise en conformité du droit avec les connaissances scientifiques et les attentes de la société.
Mr Mondialisation : Pourquoi publier ce rapport aux 50 ans de l’article L214-1 ?
L214 : « Parce qu’au lieu de célébrer une avancée, cet anniversaire révèle une trahison :
Voté le 10 juillet 1976, ce texte fondateur aurait dû freiner l’essor de l’élevage intensif. Or c’est l’inverse qui se produit : la loi d’urgence agricole met le cap sur le tout intensif, alors que des millions d’animaux enfermés en bâtiment meurent étouffés par la canicule. Ce rapport est là pour rappeler cette défaillance de l’État. »
Mr Mondialisation : Qu’est-ce qui permet d’affirmer qu’une application de la loi rendrait l’élevage intensif impossible ?
L214 : « Appliquer la loi, c’est-à-dire l’article L214-1, impliquerait de respecter les besoins physiologiques et comportementaux des animaux : ne pas avoir faim ni soif, ne pas souffrir de maladies ou de blessures, ne pas éprouver de détresse, pouvoir se reposer confortablement et exprimer les comportements normaux de leur espèce, comme courir, se percher, etc.
Or, l’élevage intensif est précisément fondé sur la privation de ces besoins : confinement en bâtiment et/ou en cage, densités maximales ou au contraire isolement, mutilations, sélection génétique à outrance pour une productivité qui dégrade leur santé. Appliquer la loi n’implique pas des améliorations à la marge comme agrandir les cages ou ajouter quelques perchoirs. Cela impose la sortie du modèle intensif. »
Mr Mondialisation : Comment l’État est-il parvenu à contourner cette loi ?L214 : « Il l’a fait par son inaction. Il…
Auteur: Mauricette Baelen

