Élevages intensifs : 50 ans de mépris de la loi sur la sensibilité des animaux

Après le ministre Marc Fesneau, disant en 2024 que « l’élevage industriel n’existe pas en France », la ministre Annie Genevard y est allée de sa lapalissade fin mai en disant, en gros, que les bâtiments d’élevage ne peuvent pas être des lieux de maltraitance puisque, lorsque leur construction est autorisée, elle l’est sur la base légale de l’article L214 du Code rural, qui l’interdit. Un peu comme si l’on disait que, puisqu’il existe un Code de la route, il ne peut pas y avoir d’infractions routières ! Quand on aime les animaux, on voudrait tant y croire… Malheureusement, le rapport de l’association L214 diffusé le 10 juin, à l’occasion des 50 ans de l’article L214, dit l’inverse, avec moult preuves sourcées à l’appui.

Intitulé « Insensibles — 1976-2026 : 50 ans de mépris de la loi », ce rapport-bilan, suffisamment bien conçu pour donner envie aux lecteurs et lectrices de tourner les pages, interpelle sur une contradiction de taille : comment se fait-il justement que l’industrie alimentaire française envoie encore à l’abattoir, chaque année, quasiment 1 milliard d’animaux terrestres qui ont passé leur vie en cage, dans des conditions barbares, alors que l’article L214 oblige à traiter ces « êtres sensibles » en tant que tels ?

Même le repos leur est interdit

Lorsque l’on regarde des images de com’ lisses, propres, d’animaux encagés en nombre dans les élevages industriels, leur réalité est comme abstraitisée. C’est seulement en s’attardant sur le regard de l’un de ces êtres sensibles, où généralement ne transparaissent qu’absence et désarroi, que l’on peut pressentir combien doit être éprouvante, heure après heure, une existence privée d’accès à l’air libre, de mouvements même et de relations avec ses semblables. D’ailleurs les troubles du comportement, agressions, morsures et même cannibalisme n’y manquent pas.

Ce constat…

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Auteur: Catherine Marin

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