Élèves en lycée pro et en apprentissage : « Ils sont confrontés à des situations qui ne sont pas de leur âge »

Parmi les lycéennes qui reprennent le chemin de l’école, plus de 600 000 sont en filière professionnelle, pour préparer un « BAC pro » ou un CAP (certificat d’aptitude professionnelle). D’autres jeunes préparent leur CAP au sein des centres de formation des apprentis (CFA) – la France compte au total un million d’apprenties.

Les élèves des lycées professionnels sont de plus en plus nombreuxses, sans que les budgets ne suivent, dénonce le syndicat de l’enseignement professionnel, Snuep-FSU à l’occasion de cette rentrée 2026. « En quatre ans, 40 000 élèves supplémentaires ont rejoint la voie professionnelle. Ils seront environ 5000 de plus cette année, soit une hausse de 8 %. Pourtant, les moyens ne suivent pas, avec un budget en progression d’environ 1 % seulement. » Les enseignantes regrettent une baisse de leurs heures auprès des élèves, et une attention trop concentrée sur les besoins des entreprises. La sociologue Prisca Kergoat remarque, au fil de ses rencontres avec ces lycéennes, qu’ils et elles sont confrontées très tôt à la violence du monde du travail.

Basta! : Votre ouvrage « De l’indocilité des jeunesses populaires » (La Dispute, 2022) donne la parole à des élèves de lycées professionnels. Malgré leur profils et parcours divers, ils et elles ont des points communs. Lesquels ?

Prisca Kergoat : On constate une forte association entre les difficultés scolaires et l’origine populaire des jeunes qui se retrouvent en lycées professionnels. À niveau scolaire comparable, les élèves n’accèdent pas aux mêmes orientations : les élèves d’origine populaire ont une probabilité 93 % plus élevée d’être orientées en seconde professionnelle et 169 % plus élevée d’être orientées en CAP.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Jusqu’aux années 1980-1990, on avait des lycées professionnels qui formaient l’élite ouvrière. Les jeunes qui en sortaient…

La suite est à lire sur: basta.media
Auteur: Nolwenn Weiler