Beaucoup de femmes reçoivent des messages à caractère haineux ou sexuel sur les réseaux sociaux. Pourquoi toi, tu as décidé de retrouver les mères des auteurs ?
J’ai ressenti un profond ras-le-bol après huit ans de messages à caractère sexuel et de menaces reçus sur les réseaux sociaux, ainsi que de nombreuses plaintes déposées qui n’ont jamais abouti. J’ai voulu trouver un moyen de me protéger puisque la justice ne faisait rien.
Le déclic, ça a été le cas Florian. Cet homme utilisait la photo de profil de sa fille de 3 ans tout en publiant des messages inappropriés. J’ai estimé que c’était une situation qu’il fallait dénoncer et prendre au sérieux.
Ce qui frappe dans ta démarche, c’est que tu refuses l’anonymat du cyberharcèlement. Selon toi, qu’est-ce que ça change quand Internet revient dans le réel ?
Mon objectif est de confronter les auteurs à leurs actes et de les responsabiliser. De leur montrer que leurs comportements ont des répercussions dans la vie réelle et qu’ils ne sont pas réellement cachés derrière l’anonymat des réseaux sociaux. Les trois personnes dont j’ai contacté la famille ont totalement disparu des réseaux sociaux. Je n’ai plus jamais eu de leurs nouvelles et j’ai reçu deux messages d’excuses.
Quand tu contactes ces mamans, quelle est leur première réaction en général ?
Dans 90% des cas, elles sont totalement choquées et me disent souvent qu’elles ne reconnaissent pas leur fils, ne comprennent pas les messages car ce n’est pas ainsi qu’elles les ont élevés. Puis, elles s’excusent toutes, même si je m’efforce de leur faire comprendre que je ne les rends pas responsables des actes de leur fils ou de leur frère.

Est-ce que tu sens que ton action a déjà un impact concret, au-delà des échanges individuels ?
Les menaces et messages à caractère sexuel que je reçois désormais proviennent soit de comptes créés exprès pour un usage unique et…
Auteur: Chloe Droulez

