Aux pôles, le climat s’emballe de façon vertigineuse, influant sur le niveau de la mer, les courants océaniques et atmosphériques. Malgré l’urgence de la situation, seul le temps long permet de saisir les changements en cours sous les hautes latitudes polaires, affirme le glaciologue Gaël Durand.
L’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que la moyenne planétaire. Ce phénomène, connu sous le nom d’« amplification arctique», s’explique notamment par la disparition progressive de la banquise, dont la surface fond chaque été un peu plus.
La glace de mer arctique a ainsi perdu près de 10 % de sa superficie par décennie à la fin de l’été depuis la fin des années 1970. Cette diminution accélère les échanges de chaleur entre l’atmosphère et l’océan, modifie les régimes de circulation atmosphérique, perturbe la biodiversité, affecte les sociétés qui vivent dans ces régions.
Dans le même temps, le pergélisol, ce sol gelé en permanence, commence à se dégrader. En se réchauffant, il libère du dioxyde de carbone (CO2) et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre. Ce processus enclenche…
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