À quelques minutes du château de Caen, sur une petite place, une adresse dénote, avec une vitrine où sont apposés en grand le visage et le nom d’Emma Fourreau, avec la mention « députée au Parlement européen ». À l’intérieur, l’ambiance est studieuse au moment de nous recevoir. Celle qui est aussi conseillère municipale dans l’opposition de la ville du Calvados depuis quelques mois travaille assise sur la moquette, son chien Loki assis sur le canapé. « Je trouve ça important d’avoir un endroit physique pour accueillir les associations, les collectifs et les citoyens même si cette permanence est devenue à Caen un symbole de l’antifascisme », nous explique Emma Fourreau.
Un symbole visé par l’extrême droite depuis quelques mois, comme dans une vidéo du 6 mars 2026 publiée sur les réseaux des jeunes du Rassemblement national (RN) du Calvados, décollant des stickers antifa sur la vitrine et appelant à un « ménage ». De même, Franck Hermann, responsable du parti de la circonscription, a ainsi planté le décor d’une autre vidéo face à la vitrine en question. Plus grave encore, deux personnes sont venues physiquement menacer l’élue, dont l’équipe a réussi à filmer l’une des visites hostiles.
Des incidents bien alimentés par la communication de deux figures du coin du parti lepéniste : Louis Defever et Enzo Lemoigne, respectivement délégué départemental du RN dans le Calvados et délégué départemental du RNJ, qui ont multiplié les publications contre Emma Fourreau. L’objet de cet acharnement ? Son combat contre les repas financés par Pierre-Edouard Stérin où l’on ne sert que du cochon en chantant la Marseillaise : les banquets du Canon français, largement soutenu par les personnalités du RN locales.
Banquet raciste
En effet, le 18 avril dernier plus de 4 000 personnes ont déferlé à Caen pour un immense banquet avec, au menu, des dérapages…
Auteur: Guy Pichard

