Faites des enfants, et pas trop tard. Voici en substance la consigne du gouvernement. D’ici cet été, tous les Français de 29 ans vont recevoir un courrier pour les sensibiliser à la diminution de la fertilité avec l’âge. Des citoyennes et citoyens parfois à peine sortis des études, dont l’insouciance a été broyée par la pandémie de Covid-19, et dont la santé mentale n’a jamais été si mauvaise. Mais qu’on se rassure : le gouvernement précise qu’il ne s’agit pas de leur rajouter une pression supplémentaire, simplement d’éviter le « si j’avais su »…
Outre rappeler que l’horloge biologique tourne, cette missive vise aussi à informer sur la possibilité de conserver ses gamètes dès l’âge de 29 ans, dans le but d’un futur projet bébé. Elle fait partie du tant attendu plan pour la fertilité, dévoilé le 5 février par le ministère de la Santé. Un plan qui prévoit, certes, des diagnostics plus précoces, et un meilleur accès au parcours de PMA… mais rien pour lutter contre les causes systémiques et environnementales de l’infertilité.
Une fertilité plombée par les polluants
Pourtant, les études le confirment : la pollution, et notamment les pesticides, boostent l’endométriose, une maladie qui entraîne dans certains cas une baisse de la fertilité chez les femmes. Le chlordécone, ce pesticide utilisé dans les plantations de bananiers, est lui responsable d’un allongement du délai de conception pour les femmes les plus exposées. Présents dans l’eau et dans les aliments, les PFAS ont aussi un effet néfaste sur la fertilité ainsi que sur le développement du fœtus.
On retrouve des substances toxiques pour la reproduction dans les produits cosmétiques. Quant au sperme, on sait depuis des années que sa qualité est altérée par la pollution de l’air, et l’exposition aux perturbateurs endocriniens, comme les phtalates.
Qu’a fait le gouvernement contre ça ? Si peu….
Auteur: Scandola Graziani

