Emmanuel Macron, Bonaparte au sabre de bois

Comme en miroir avec l’article de cette semaine invitant nos lecteurs à opérer un basculement qualitatif dans leurs pratiques, et donc à « viser Napoléon », voici une analyse croisée, entre histoire politique et sociale de la France, qui déploie l’hypothèse suivante : Macron c’est Bonaparte, le plébiscite en moins.

Un journaliste parisien avait titré sur « Emmanuel Bonaparte » dès sa présidentialisation. Le marconisme ressemble bien à un bonapartisme, mais il est privé d’armées. Le modèle bonapartiste se reflète dans Macron, arrivée par un vote présidentiel plébiscitaire, dans son usage abusif de la constitution, son pli anti-démocratique, sa posture de chef qui se prétend au dessus des partis,« ni de gauche, …ni de gauche », et qui écarte tous les syndicats. Macron cite le Général de Gaulle, parfois même le Maréchal, et se rêve peut être en empereur, mais il va échouer. Car il ne possède pas ce qui a fait la force des bonapartistes, contre la grève : le plébiscite. A chaque fois que le pouvoir autoritaire fut défié, dans le passé, le plébiscite est venu remplacer la démocratie. Election triomphale de Napoléon III après son coup contre la république de 1848, élection éclatante du Général de Gaulle après le coup contre la 4e république, référendum plébiscitaire, élection présidentielle au suffrage direct, législatives venues contrer la grève générale de Mai 68 par une chambre bleu horizon en juin. Plébiscite présidentiel de Chirac en 2002 prétendant incarner l’union nationale. Si la première élection macronienne imite encore faiblement ce modèle, sa réelection se fait avec sept millions de voix en moins que Chirac vingt ans plus tôt, et les partis présidentiels macronistes tombent, ensemble, à huit millions aux législatives de 2022.

Le président Macron se trompe lourdement s’il se croit investi par un plébiscite, pour gouverner depuis le sommet de l’Etat. En 1968, le Général pouvait parier sur une « majorité silencieuse » pour provoquer une chambre bleu horizon après la grève. Aujourd’hui, il existe une majorité bruyante et manifeste, le plébiscite se fait contre lui, et il n’y a pas de majorité parlementaire à son service, alors que abstention massive et réfractions handicapent l’effet d’autorité des élections. Les bonapartistes historiques avaient une base sociale, rurale, catholique de droite, militaire et bourgeoise, pour affronter le mouvement ouvrier. Le chef des Armées Macron est à poil, il ne pouvait pas compter…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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