Emmanuel Macron et le jeu des neuf erreurs

La dissolution de l’Assemblée nationale a été qualifiée de « coup de poker », de « saut dans le vide », de « pari fou » ; de « risque insensé »

Le président et l’aréopage qui lui a soufflé à l’oreille cette mesure, sont qualifiés dans le débat public, y compris chez des soutiens de la macronie, « d’apprentis sorciers », de « mauvais génie », de « pompier pyromane », de « dingues »

Même une personnalité influente dans le monde économique, qui a fait la carrière d’Emmanuel Macron, comme Alain Minc, se dit « épouvanté », dénonce avec consternation « une décision absurde, incompréhensible et dévastatrice », « une erreur historique qui efface d’un coup sec tout ce qu’il a fait car il a à certains égards un bilan positif ». Et il achève son réquisitoire ainsi : « Il a réalisé une opération d’autodestruction d’une ampleur hallucinante ».

Listons ici ce qui peut s’apparenter, au niveau stratégie politique, à de possibles erreurs d’appréciation ou de positionnement, pour atteindre les objectifs qu’il s’assigne, au point de risquer de produire l’effet inverse de celui escompté : perdre des dizaines de députés plutôt que d’en regagner.

1. Continuer de voir dans le vote RN un simple vote de colère

Les électeurs du RN « ont marqué une colère » a dit le président Macron dans sa conférence de presse du 12 juin. François Patriat, chef de file des sénateurs macroniens, parle « d’un vote d’humeur et de haine ».

Fort de cette lecture, la conviction du chef de l’État est que les électeurs vont « revenir à la raison » : les abstentionnistes favorables au « bloc central » se mobiliseraient en masse, et des électeurs nouvellement RN reviendraient à de meilleures intentions.

François Patriat assure l’exégèse de la pensée élyséenne :

« Les électeurs vont-ils le confirmer le [vote d’humeur] ? Ou…

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Auteur: Arnaud Mercier, Professeur en Information-Communication à l’Institut Français de presse (Université Paris-Panthéon-Assas), Université Paris-Panthéon-Assas