Saint-Pierre-et-Miquelon, reportage
Loin des canicules qui ont rythmé un été infernal en Europe, les conséquences du réchauffement climatique ne sont pas moins concrètes dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le littoral s’érode un peu plus chaque hiver, l’élévation du niveau de la mer menace l’habitabilité de pans entiers de l’archipel, tandis qu’une intensification des ouragans et des cyclones est attendue dans les prochaines décennies.
Les résidents de cet archipel de seulement 240 km² souvent méconnu dans l’Hexagone — 5 100 habitants à Saint-Pierre, le chef-lieu, et à peine 600 à Miquelon — restent malgré tout profondément attachés à leurs « cailloux ». Des îles qui verront débarquer Emmanuel Macron du 19 au 21 septembre, alors que le dernier passage présidentiel dans l’unique territoire ultramarin d’Amérique du Nord remontait à 2014.
Longtemps, l’océan qui entoure l’archipel a fait vivre ses habitants, à l’époque où ses eaux étaient au cœur de la grande pêche à la morue, tant convoitées par les chalutiers du monde entier venus ratisser la zone. Il est désormais devenu une source d’inquiétude.
Parmi les endroits les plus menacés par la montée des eaux à court terme : l’isthme de Miquelon-Langlade, une fine bande de sable longue de 12 km qui relie Langlade, au sud, à Miquelon, au nord. Un lieu qui accueille une biodiversité unique, où s’épanouit notamment la plus grande colonie de phoques de France — environ 1 500 individus.
« On constate que tous les ans ça recule de quatre à six mètres. Dans les années 1960, il y avait une ferme à côté d’ici, avec des vaches. Aujourd’hui, elle est sous l’eau et il n’en reste plus grand-chose », déplore Sébastien Lévêque, garde-chasse qui constate les dégâts chaque hiver, saison où l’isthme est le plus malmené par les vagues.
Installé sur ce terrain au bord de l’eau depuis quinze…
Auteur: Dario Nadal
