Emmanuel Moulin à la Banque de France : à la veille du vote au Parlement, une opposition nette qui grossit à gauche, une droite potentiellement divisée

On saura dans quelques heures si le grand oral d’Emmanuel Moulin devant les deux commissions des finances du Parlement sera un succès ou non. Proposé par le président de la République au poste de gouverneur de la Banque de la France, ce haut fonctionnaire devra recueillir suffisamment de votes positifs à l’issue de sa double audition ce mercredi 20 mai, pour pouvoir succéder à François Villeroy de Galhau, qui a choisi de quitter ses fonctions en juin.

La règle pour l’ancien secrétaire général de l’Élysée est assez simple. Comme toute nomination opérée au sens de l’article 13 de la Constitution, un droit de veto parlementaire s’applique si le total des voix « contre » représente trois cinquièmes des suffrages exprimés (hors abstention donc). À l’approche du terme du mandat d’Emmanuel Macron, les attributions de postes clés se sont intensifiées. Elles sont régulièrement mal vécues par les oppositions, qui reprochent au chef de l’État de favoriser ses proches. En février 2025, Richard Ferrand a été confirmé à une voix près au Parlement comme président du Conseil constitutionnel. Un an plus tard, l’arrivée de l’ancienne ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin à la Cour des comptes – une institution qui devra contrôler un budget sur lequel elle a eu la main – a elle aussi fait tousser au Parlement. Même si, dans ce cas précis, aucun filtre des assemblées n’a été possible.

Au vu du contexte…

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Auteur: Guillaume Jacquot

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