Mercredi 2 septembre à 10h, le tribunal administratif de Bordeaux décide si les travaux de l’usine EMME peuvent commencer. Derrière la bataille juridique, la mécanique du capitalisme « vert » : dépossession, économie de guerre, extractivisme colonial.
Une usine Seveso seuil haut dans une zone inondable
À Grattequina, entre Parempuyre et Blanquefort, EMME veut raffiner du nickel et du cobalt dès 2028. 23 000 tonnes de sulfates par an et 32 hectares de zone humide détruite. L’usine serait classée Seveso seuil haut et posée en zone inondable au bord de la Garonne. Une usine chimique là où l’eau montera, cela veut dire des risques massifs de pollution, des populations exposées et des écosystèmes sacrifiés.
Le terrain n’était même pas constructible. L’État au service du capital a réécrit le plan d’urbanisme pour qu’il le devienne. Face à ça, la SEPANSO (organisation environnementale), des riverain·es et les communes de Blanquefort et Saint-Louis-de-Montferrand ont lancé trois recours sur le fond et un référé-suspension, jugé ce 2 septembre. Seul levier immédiat contre la stratégie habituelle de détruire d’abord, juger ensuite. Comme à Sivens, comme sur l’A69.
Début des travaux
L’État n’arbitre pas, il est partie prenante
En septembre 2025, Bayrou signe un décret classant EMME « projet d’intérêt national majeur ». L’État confisque l’urbanisme aux communes, délivre lui-même le permis, facilite les dérogations espèces protégées. Autrement dit le gouvernement piétine le droit de l’environnement et la démocratie locale. Chaque date est une manœuvre : l’autorisation environnementale est signée en juillet deux semaines avant le départ du préfet, les enquêtes publiques pendant les fêtes.
Et l’État offre. Ou plutôt, nous payons. Les 150 millions d’euros de crédit d’impôt « industrie verte », c’est autant d’argent…
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